Un cahier des charges domotique KNX décrit ce que la maison doit faire, dans chaque pièce, avant de choisir les appareils. Il précise les commandes, les automatismes, les priorités et les situations de panne à prévoir. Ce document permet à un intégrateur de chiffrer un périmètre clair et de vérifier, à la livraison, que les fonctions attendues sont présentes.
Vous pouvez commencer avec un plan et un tableau. L’objectif est de transformer « je veux une maison connectée » en décisions concrètes : quel éclairage commander depuis l’entrée, que fermer au départ, comment modifier une consigne de chauffage et quelles fonctions conserver sans Internet. Voici une méthode pour préparer cette discussion.
Commencer par les usages et les contraintes du bâtiment
Présentez le contexte en quelques lignes : construction neuve ou rénovation, logement occupé ou vide pendant les travaux, pièces concernées, équipements conservés et calendrier du chantier. Ajoutez les plans disponibles et signalez les documents encore provisoires. Une cloison déplacée ou une motorisation remplacée peut modifier le besoin.
Distinguez ensuite trois catégories : les fonctions indispensables à la première mise en service, les options à chiffrer séparément et les évolutions à préparer. Vous pouvez, par exemple, demander la commande de tous les volets dès la livraison et réserver une étude ultérieure à l’arrosage. Cette distinction évite de confondre une attente future avec une prestation incluse.
Indiquez aussi qui utilise le logement. Une commande murale simple peut être prioritaire pour des visiteurs ou des enfants, même si une application est prévue. Décrivez le résultat attendu sans imposer immédiatement un produit : « éteindre les lumières du séjour depuis la sortie » est plus utile qu’une référence d’écran choisie avant l’étude.
Construire une fiche par pièce
Chaque fiche doit relier une fonction à un équipement réel et à une commande identifiable. N’écrivez pas seulement « éclairage salon ». Séparez les circuits que vous souhaitez piloter indépendamment : suspension, éclairage indirect, liseuse ou terrasse visible depuis le salon. Le nombre de pièces ne permet pas, à lui seul, de déduire le nombre de points commandés.
Le tableau suivant est un exemple fictif de rédaction. Il sert à préciser les usages, sans constituer une étude électrique ni une prescription de matériel.
| Zone | Fonction attendue | Commande et règle | Vérification à la livraison |
|---|---|---|---|
| Entrée | Éteindre les éclairages sélectionnés | Appui sur une commande de départ, liste des circuits définie au plan | Chaque circuit prévu s’éteint, les exceptions restent actives |
| Séjour | Rappeler une ambiance de lecture | Commande murale, niveaux définis pendant les réglages | Les circuits concernés prennent les niveaux convenus |
| Chambre | Fermer le volet depuis le lit | Commande accessible, avec maintien des protections du moteur | Le volet répond à la commande et respecte les priorités prévues |
| Bureau | Modifier la température souhaitée | Réglage local dans une plage définie | La consigne affichée et la commande de chauffage sont cohérentes |
Ajoutez pour chaque ligne le nombre d’équipements, leur emplacement et les références connues. Une référence inconnue peut rester une question à résoudre pendant l’étude, mais elle doit être identifiée comme une décision en attente avant la commande définitive. Conservez une version datée du tableau partagé avec l’intégrateur.
Décrire les scénarios avec leurs exceptions
Un scénario rassemble plusieurs actions. Pour le rendre vérifiable, donnez un déclencheur, une liste d’actions et des exceptions. « Mode absence » peut désigner des comportements très différents selon les personnes. Précisez les éclairages concernés, les ouvrants qui peuvent bouger et la façon dont le chauffage change de régime.
Définissez la priorité des commandes. Quel comportement prévoir lorsqu’une personne ouvre manuellement un volet pendant un automatisme solaire ? À quel moment la commande locale doit reprendre son rôle ? Un scénario doit respecter les protections et les conditions de fonctionnement des équipements. Ces arbitrages se préparent avec l’intégrateur et les entreprises concernées.
Prévoyez aussi les usages inhabituels : départ de plusieurs jours, invités, ménage, travail nocturne ou chambre temporairement inoccupée. Le but est de choisir quelques comportements compréhensibles. Multiplier les automatismes sans pouvoir expliquer leur déclenchement complique les réglages et l’utilisation quotidienne.
Faire apparaître les interfaces avec les autres équipements
Listez les systèmes à relier à KNX : chauffage, ventilation, motorisations, éclairage spécialisé, comptage, borne de recharge ou supervision. Pour chacun, précisez le fabricant et la référence lorsque ces informations existent, l’entreprise qui le fournit et la fonction recherchée. « Compatible domotique » ne décrit pas les données réellement accessibles.
Demandez si l’intégration permet une simple commande, un retour d’état ou un réglage détaillé. La lecture d’une consommation et le pilotage d’un équipement sont deux prestations différentes. La présence d’une passerelle ne suffit pas à définir les fonctions livrées ; ces fonctions doivent être nommées et testées.
Si votre projet comprend un éclairage DALI, définissez les circuits et les usages attendus avec le professionnel. KNX et DALI peuvent intervenir à des niveaux différents du projet. Pour comprendre le rôle général du bus avant cette discussion, consultez notre présentation du protocole KNX et de la domotique filaire.
Prévoir les commandes locales et les situations dégradées
Demandez une liste des fonctions qui dépendent du réseau local, d’Internet ou d’un service distant. Une application et un bouton mural ne suivent pas nécessairement le même chemin technique. L’étude doit préciser le comportement attendu lorsque la connexion Internet est indisponible ou lorsque la supervision est arrêtée.
La coupure d’alimentation générale est une autre situation. Elle ne doit pas être confondue avec une panne Internet. Faites décrire les états attendus au retour du courant : éclairages, ouvrants, consignes et reprises des automatismes. Le choix dépend des appareils et des risques propres au bâtiment.
Ces essais sont à organiser avec les intervenants compétents. Le cahier des charges exprime un besoin de continuité et de simplicité ; il ne remplace pas les règles de conception, de protection et de sécurité électrique.
Inclure la documentation et la réception dans le périmètre
Demandez dès le devis quels documents seront remis : plans à jour, repérage des équipements, description des scénarios, notice utilisateur, sauvegarde exploitable du projet ETS et modalités de conservation des informations d’accès. ETS est le logiciel de conception et de configuration des installations KNX. La présentation officielle d’ETS par KNX Association décrit notamment les fonctions de documentation et de sauvegarde du projet.
Précisez qui reçoit les fichiers et comment les données sensibles seront transmises. Les mots de passe ne doivent pas figurer dans un document diffusé à toutes les entreprises du chantier. Pour un projet utilisant KNX Secure, faites définir la conservation des informations nécessaires à la maintenance. KNX Association souligne l’importance de protéger les accès au projet dans ses recommandations sur la sécurité du bus KNX.
La réception peut reprendre chaque ligne de votre tableau : fonction testée, résultat observé, ajustement demandé et validation. Prévoyez également une démonstration des commandes au propriétaire. Une liste de matériel ne prouve pas que les usages convenus fonctionnent ensemble.
Transmettre un dossier qui permet un devis comparable
Votre dossier de consultation peut tenir dans cinq éléments : une présentation du bâtiment, les plans datés, le tableau par pièce, les scénarios et la liste des livrables attendus. Ajoutez la séparation entre prestation de base et options. Demandez aux entreprises de signaler explicitement leurs hypothèses et exclusions.
Pour la préparation technique du chantier, notre guide du câblage KNX et des erreurs à anticiper complète ce travail. Pour le budget, consultez les postes qui influencent le prix d’une installation KNX. La comparaison reste pertinente uniquement lorsque les offres couvrent les mêmes fonctions.
Vous pouvez utiliser l’estimateur de devis domotique KNX pour organiser une première sélection de postes, puis transmettre vos plans et vos usages pour faire préciser le périmètre. L’estimation en ligne reste indicative ; les inclusions et les contraintes doivent être vérifiées dans le devis final.
Questions fréquentes sur le cahier des charges KNX
Tous les appareils doivent être choisis avant de demander un devis ?
Vous pouvez commencer par les usages et les équipements déjà imposés au chantier. L’intégrateur pourra proposer les composants adaptés. Les références définitives, les fonctionnalités et les substitutions possibles doivent ensuite être précisées avant l’engagement sur une solution.
Comment préparer un projet KNX sans connaître ETS ?
Décrivez les commandes et les résultats attendus en langage courant. Un plan annoté et un tableau par pièce suffisent pour lancer l’étude. La traduction en architecture, paramètres et adresses relève ensuite du travail de conception et de programmation.
Le même document convient en rénovation ?
Oui, en ajoutant l’inventaire de l’existant et les limites de travaux acceptables. Précisez ce qui doit être conservé, les zones accessibles et les périodes d’occupation. La faisabilité des fonctions et des liaisons doit être vérifiée sur le bâtiment.
Comment éviter un désaccord à la livraison ?
Définissez un test observable pour chaque fonction et faites valider les modifications du périmètre au fil du chantier. La version finale du cahier des charges, les options retenues et les documents de réception doivent raconter le même projet.